L’avenir du Crédit Immobilier de France en question

Au vu de la situation économique actuelle, fragilisée par la crise qui sévit encore actuellement, les professionnels du crédit sont invités à montrer patte blanche, et à prouver la rentabilité des fonds qu’ils sollicitent. C’est ce qui pose problème au Crédit Immobilier de France (CIF), dont l’avenir est aujourd’hui incertain en raison du manque de confiance et de la frilosité ambiante des marchés. Le point sur cet établissement financier indépendant.

Le CIF en quelques mots

Depuis plus de cent ans, le Crédit immobilier de France, établissement financier indépendant, octroie des prêts immobiliers aux particuliers, quels que soient leurs ressources ou leur statut social. Ainsi, les ménages aux revenus modestes, ceux ne disposant pas d’apport financier, les salariés intérimaires ou encore les retraités, souvent exclus de l’accession à la propriété par les banques classiques, ont l’opportunité de devenir propriétaires.

Et l’activité est florissante. En 2011, le CIF a généré 72 millions d’euros de bénéfices, pour 37 millions sur le premier semestre 2012. Mais le CIF, c’est également 2 500 emplois, et 2.4 milliards d’euros de fonds propres.

Toutefois, c’est le mode même de fonctionnement de cet organisme indépendant, son engagement social et sa volonté de favoriser l’accession à la propriété pour tous, en accompagnant les ménages dans leur projet immobilier, qui risque aujourd’hui de lui coûter cher.

Ce qu’on lui reproche ? D’accorder des prêts aux ménages aux revenus modestes, et de ne pas pouvoir brandir la garantie représentée par les dépôts des clients, propres aux banques traditionnelles.

Une situation inconfortable

Ainsi, et en dépit de chiffres et d’un bilan particulièrement positifs, l’avenir du CIF est incertain.

Et le problème se situe au niveau de ce qui constitue l’essence même de cet établissement financier indépendant, à forte valeur sociale.

En effet, pour aider les particuliers modestes à devenir propriétaires, le CIF a essentiellement recours à des prêts aidés, à l’image du prêt à taux zéro ou du Pass. Mais, ces prêts ne rapportent rien aux banques prêteuses, et ne sont donc pas rentables.  Or, ces prêts dits « sociaux », ou de primo-accession représentent 90 % de l’activité du CIF.

De même, la tendance actuelle est au durcissement des conditions de prêts. Ainsi, pour pouvoir prétendre bénéficier d’un prêt immobilier, les ménages doivent généralement pouvoir justifier de revenus suffisants et réguliers, mais aussi et surtout, d’un apport financier, souvent égal à 20 % du montant de l’emprunt.

Là encore, le CIF se démarque, en exigeant la plupart du temps un apport de 5 %.

Autant d’éléments qui ne sont pas pour rassurer les marchés financiers, toujours frileux et marqués par la crise.

C’est pourquoi des solutions doivent être trouvées pour que cet établissement atypique continue d’exister.

Le passage à un statut semi-public fait ainsi partie des solutions envisagées, même s’il reste encore à trouver le partenaire idéal, acceptant de se lancer dans l’aventure. Proposition refusée par La Banque Postale en septembre.

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