En ces temps moroses, difficile de résister à la crise ambiante qui touche chacun d’entre nous. L’immobilier ne déroge pas à la règle, et sa situation s’avère être de plus en plus délicate. Pilier primordial de l’activité économique ces dernières années, l’immobilier montre aujourd’hui quelques signes de faiblesse, qui pourraient bien nuire à la croissance.

Focus sur le déclin de l’immobilier en France.

La corrélation croissance – immobilier

Après avoir expérimenté une inflation du prix des logements ces derniers temps, les marchés immobiliers s’affaissent, ceci en lien direct avec la croissance économique française qui se trouve être en dessous même de la moyenne de la zone euro.

Pour ainsi dire, il y aurait une étroite relation entre économie et immobilier : quand le marché foncier est en bonne santé, il en va de même pour la croissance. Et inversement.

En effet, on assiste en ce moment à une stagnation de la croissance, que ce soit en France, ou plus largement en zone Euro. La population augmente, le PIB n’arrive plus à suivre et, par conséquent, diminue. L’immobilier, suivant cette tendance, s’enfonce dans une sorte de spirale infernale traduite par une baisse de l’activité et une hausse des prix non négligeable pour les acheteurs ou les loueurs potentiels.

Les conséquences sur le marché

Face à cette situation, l’immobilier se met à stagner, essuyant une baisse de la demande trop importante par rapport à l’enjeu. De fait, la demande a chuté de 19% au premier semestre 2012 (17 719 acquéreurs), par rapport à celui de 2011 (21 933 acquéreurs), alors que l’offre a augmenté de 1%, et que les prix ont reculé de 1%. Cet effondrement de la demande s’explique en partie par le refus des acheteurs potentiels d’investir, refroidis par une hausse des prix trop importante.

Ce constat est encore plus présent dans certaines villes de France, comme Lyon, Montauban et bien sûr Paris. Ainsi, on observe une baisse des transactions d’appartements anciens de 22% dans la capitale, et de 18% en banlieue proche, par rapport à  l’année passée. Cependant, malgré ces résultats inquiétants et cette pénurie d’offre, le prix moyen du mètre carré parisien progresse encore, avec 1% de plus ce trimestre (soit environ 8340€/m²).

L’immobilier ralentit partout en France, et certaines zones essayent de diminuer les prix, ou tout du moins de les faire stagner. La situation serait moins dramatique si ce déclin était dû à l’augmentation de l’offre, mais non, c’est bien la baisse de la demande qui justifie ces dispositions, ce qui est beaucoup plus déroutant.

Face à ce constat, et se retrouvant sans assez d’argent pour s’acheter un bien immobilier, les investisseurs deviennent frileux sur les acquisitions, et la peur de l’avenir se fait de plus en plus ressentir.

Afin d’atténuer cette crise foncière, le gouvernement prévoit  une nouvelle réforme prévoyant un blocage des loyers. Une mesure qui arrangera les locataires au premier abord, mais qui pourrait bien bloquer les propriétaires, qui arrêteront éventuellement de louer,  d’acheter ou d’investir. Reste à voir si ces mesures parviendront à pallier les carences de l’immobilier.