Selon une étude du Conseil d’Analyse Stratégique(CAS) comparant le prix d’acquisition des logements et celui des loyers au coût de la vie sur les 25 dernières années, il s’avère qu’il y a une grande différence dans l’évolution du prix d’achat et du prix de location des logements. Ainsi, « les loyers, à surface et qualité constantes, ont globalement évolué comme le revenu disponible moyen ». La dépense de logement a néanmoins augmenté compte tenu de l’élévation de la taille moyenne et de la qualité des logements. Selon toujours le CAS, « Au total, alors que l’on comptait 2,9 personnes par ménage en 1975, on n’en comptait plus que 2,3 en 2005. »

Alors que les loyers sont restés stables, le CAS rappelle également que la hausse du prix d’achat des logements entraine une pénurie généralisée de logements, c’est-à-dire que l’offre en France est insuffisante par rapport à la demande. En outre, et selon l’organisme proche du premier ministre, ce dernier relie cette hausse aux politiques publiques  qui visent à subventionner l’acquisition de logement « certaines politiques publiques comme l’extension du prêt à taux zéro à l’ancien en 2005 ou la déductibilité des intérêts d’emprunt de la Loi Tepa ont pu accélérer l’évolution  des prix par rapport à celle des loyers. »

Le CAS explique d’autre part que « Du fait de la baisse des taux d’intérêt nominaux et réels, de l’allongement de la durée d’emprunt, de la hausse du revenu des ménages ou d’innovations dans le secteur financier, la capacité d’emprunt des ménages a fortement augmenté, alimentant la demande. »  En effet, selon le CAS, en 2001, aucun prêt ne dépassait 25 ans et qu’uniquement 15% des contrats d’emprunts avaient des durées fixées entre  20 et 25 ans. En revanche, en 2009, une dominance de la durée des emprunts entre 20 et 25 ans a vu le jour (30%), alors que les emprunts de durée allant de 25 à 30 ans étaient à peine moins fréquents (27%).

A titre de prévention et de préconisation, le CAS prévoit la cessation de subvention de la demande dans les zones tendues, ou bien encore la simplification et l’accélération des procédures d’autorisation de construction en raison notamment de l’augmentation de la proportion des personnes déclarant que leurs dépenses de logement constituent « une lourde charge », « une très lourde charge », ou « une charge à laquelle elles ne peuvent faire face », une proportion qui est passée d’un français sur 3 à un français sur deux.